Région du Centre-Nord

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Orpaillage au Centre-Nord : Un forum pour réduire l’impact sur l’enfance et l’abandon scolaire

SAM_2041.jpgEn collaboration avec l’UNICEF, la région du Centre-Nord a organisé un forum régional sur la problématique de l’orpaillage et ses implications sur l’enfance et l’abandon scolaire, le jeudi 23 janvier 2014 à Mané, commune rurale située à une trentaine de kilomètre à l’Ouest de Kaya, le chef-Lieu de ladite région. Placé sous le haut parrainage de madame Koumba Bolly/Barry, ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, ce forum a permis d’interpeller les acteurs du monde éducation et du domaine de l’orpaillage sur la problématique de l’abandon scolaire en relation avec la pratique de l’orpaillage.

Comment stopper « l’hémorragie scolaire » qui va croissant dans les écoles primaires et post primaires de la région du Centre-Nord ? Comment atteindre l’idéal de « zéro enfant dans les sites d’orpaillage, tous les enfants à l’école » ? Ce sont là autant de préoccupations qui ont conduit acteurs de l’éducation, partenaires au développement, syndicat des orpailleurs à une réflexion à travers un forum régional initié par Mariam Diallo/Zoromé, gouverneure de la région du Centre-Nord dans la commune de Mané. Ce cadre d’échanges sur la problématique de l’abandon scolaire a connu la participation des membres du gouvernement ainsi que des acteurs de l’éducation de la région du Plateau Central.

SAM_2038.jpgAprès une analyse situationnelle de l’orpaillage dans la région et ses implications dans les principaux secteurs de développement tels l’éducation, la santé, le monde rural, la jeunesse et le genre, le forum a été sanctionné par des recommandations et des résolutions. La mise en place de cellule de gestion des abandons scolaires ainsi que l’inscription de lignes budgétaires pour accompagner ces cellules au niveaux communal et régional ont été recommandés aux collectivités territoriales. A l’endroit du ministère des Mines et de l’Energie, il est préconisé l’accompagnement des orpailleurs à se regrouper en petites unités et la promotion de technologies de traitement des minerais à faibles coûts et respectueuses des normes environnementales. Aussi, un plaidoyer pour le renforcement de la contribution des sociétés minières aux efforts de développement local serait plus que nécessaire ainsi que la prise de disposition en vue d’officialiser les exploitants artisanaux, anarchiquement installés. En guise de résolution, il est souhaité des acteurs intervenant dans la résolution des effets néfastes de l’orpaillage, la fédération de leurs efforts dans la conduite des missions-terrains conjointes se rapportant à la lutte contre les fléaux. Le travail des enfants sur les sites d’orpaillage constitue une menace sérieuse pour la frange la plus importante des enfants de la région du Centre-Nord (0 à 17 ans). Une situation inquiétante en ce sens que même les enfants scolarisés sont aussi victimes du fait qu’ils y vont pour travailler. Cela en dépit de l’intervention de nombreux acteurs de protection de l’enfance.

SAM_2045.jpgLes chiffres en disent long sur cet état des faits. Selon une étude du ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale appuyé par l’UNICEF, 55330 personnes vivent sur 86 sites d’orpaillage de 05 régions de notre pays dont 29418 pour la région du Centre-Nord avec 13683 enfants. Tandis que la Direction Régionale de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation du Centre-Nord a enregistré 4363 abandons scolaires courant l’année scolaire 2012-2013 pour les seules classes du CM2. Cet effectif est estimé à 17 écoles à 6 classes. A l’image de l’enseignement primaire, l’hémorragie est tout aussi alarmant au post-primaire. Pour la même période, il a été enregistré 1923 abandons scolaire dont 221 ont été retrouvés sur les sites d’orpaillage. Cette situation, loin de refléter la réalité, interpelle néanmoins les acteurs de l’éducation et du développement surtout que les chiffres vont croissants au fil des années. Le Centre-Nord compte à nos jours 229 sites d’exploitation aurifère dont 02 mines industrialisées (SOMITA et BISSA GOLD), 03 mines d’or semi-mécanisées, 75 sites artisanaux et 149 sites sauvages ou anarchiques avec 05 comptoirs d’achat. De prime à bord, cette ressource suscite beaucoup d’espoir pour les populations en matière de réduction de la pauvreté. Malheureusement, le constat est que l’exploitation artisanale, surtout anarchique de l’or engendre d’importants risques d’ordre sanitaire, environnemental et éducatif.

 

Actu-sanmatenga



26/01/2014
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