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Burkina: Forte tension à la veille d’une révision électorale excluant des défenseurs de l’ancien régime

La tension est montée d’un cran au Burkina Faso, à la veille d’une révision électorale qui si elle est adoptée mardi, écartera de la prochaine présidentielle, les personnalités qui ont ouvertement soutenu l’amendement constitutionnel, ayant conduit à l’insurrection populaire d’octobre dernier.

Aux antipodes de cette énième crise qui secoue le gouvernement de Transition en poste depuis l’insurrection populaire de fin octobre, se trouvent les partisans du président déchu Blaise Compaoré et de ceux de l’ex opposition politique. Chaque bord étant soutenu par une floraison de structures de la société civile.

L’article du projet de révision de la loi électorale qui cristallise les passions, est celui qui propose que soient exclus de la présidentielle d’octobre 2015, ceux qui ont ouvertement soutenu le projet de prorogation de mandat présidentiel, ayant emporté M. Compaoré, avec à la clé une trentaine de tués et de nombreux blessés.

A ce titre, une quarantaine d’organisations de la société civile (OSC) a souhaité samedi, que tous les membres du dernier gouvernement de M. Compaoré soient écartés, en vertu de l’article 25, alinéa 4 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance.

La référence stipule que «les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur Etat».

Cette recommandation vise directement les ex-ministres et officiers en disponibilité, Djibril Bassolé (Affaires étrangères) et Yacouba Ouédraogo (Sport), également combattus par d’autres acteurs qui plaident pour «une démilitarisation de la vie politique nationale»

Vincent Dabilgou (député de la majorité au moment de l’insurrection), qui vient de lancer son parti le 13 mars dernier, pourrait être également concernée par cette mesure.

Samedi encore, des jeunes soutenant une éventuelle candidature de M. Bassolé, ont annoncé une manifestation devant le parlement, le 7 avril 2015 pour empêcher le vote du nouveau Code électoral, rapporte le site d’information ‘’lefaso.net’’.

L’ex parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a fustigé ce lundi, «un véritable projet de confiscation du pouvoir par des groupuscules d’activistes de tous acabits qui, craignant le vote du peuple, choisissent de le contourner par des artifices contraires aux règles universelles et élémentaires de la démocratie», renseigne le site d’information ‘’burkina24’’.

Le parti a indiqué selon la même source, que la Charte de la Transition déclare que la Transition est «inclusive» et qu’elle promeut les valeurs telles que «lepardon, la réconciliation, l’inclusion, la tolérance et le dialogue, la fraternité, l’esprit de consensus et de discernement».

Le CDP a, en outre, affiché son intention de s’opposer «vigoureusement» au projet en cours «par tous les moyens légaux et pacifiques» à sa portée, seul ou avec les «forces politiques et sociales alliées» qui partagent sa conviction, poursuit ‘’burkina24’’.

Cette énième crise vient encore ébranler le gouvernement de Transition, déjà excédé par des revendications sociales croissantes, dont la dernière a concerné la principale brasserie du pays et une autre en vue mercredi contre la cherté de la vie.

Vendredi le président de la Transition Michel Kafando a sollicité, le concours des partis politiques de l’ex opposition et de l’ancienne majorité, pour une réussite de la Transition devant aboutir à des élections démocratiques.

«Face à ce climat délétère», le ministre en charge de l’Administration territoriale et de la Sécurité Auguste Denise Barry, à la suite du Premier ministre Yacouba Isaac Zida, a assuré dimanche qu’ «il sera procédé à l’interpellation de tout individu ou tout groupe d’individus qui se serait rendu coupable de troubles à l’ordre public, d’atteintes à la sécurité des personnes et d’atteintes à la sûreté de l’Etat».

Agence d’information du Burkina

 

 

 

 

 

 



06/04/2015
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